Thérapie à la kétamine : une approche plurielle
de la santé mentale
La thérapie assistée par la kétamine s’impose aujourd’hui comme une approche innovante dans la prise en charge des troubles psychiques et de certaines douleurs complexes.
Son originalité repose sur la combinaison de plusieurs leviers : une action pharmacologique rapide, une stimulation profonde de la neuroplasticité cérébrale et l’accès à des états modifiés de conscience favorables au travail thérapeutique.
Contrairement aux traitements classiques, la kétamine agit rapidement sur l’humeur et la cognition, ouvrant une fenêtre propice à un accompagnement psychothérapeutique structuré.
Toutefois, elle ne constitue pas une solution isolée : les bénéfices les plus durables apparaissent lorsque cette fenêtre neuroplastique est soutenue par un suivi médical rigoureux, un travail psychologique ciblé et des ajustements du mode de vie.
Dans cette perspective, la kétamine agit comme un pont entre la médecine contemporaine et une vision plus globale de la guérison, en intégrant le corps, le psychisme et les dimensions existentielles de la souffrance.

Les quatre dimensions de la douleur dans la thérapie à la kétamine
Le concept de douleur globale a été formalisé par Cicely Saunders, pionnière des soins palliatifs modernes. Il repose sur l’idée que la douleur ne se limite pas à une manifestation physique, mais s’inscrit dans une expérience humaine plus large, comprenant des dimensions psychologiques, sociales et spirituelles.
Cette approche est particulièrement pertinente dans le cadre de la thérapie à la kétamine, notamment chez les personnes souffrant de douleurs chroniques, de dépression résistante, de troubles de stress post-traumatique ou de détresse existentielle.
1. Douleur physique
La douleur physique peut résulter d’une inflammation persistante, d’une atteinte neuropathique ou d’un dérèglement des circuits de la douleur.
La kétamine agit en bloquant les récepteurs NMDA, impliqués dans la transmission et l’amplification des signaux douloureux.
Cette action permet de réduire l’hyperalgésie et d’apporter un soulagement dans des situations complexes telles que la fibromyalgie, le syndrome douloureux régional complexe ou certaines douleurs oncologiques.
2. Douleur émotionnelle et psychologique
Les états anxieux, dépressifs ou post-traumatiques entretiennent souvent la douleur physique et en accentuent l’intensité.
La kétamine module les voies du glutamate et favorise la neuroplasticité, entraînant une amélioration rapide de la détresse émotionnelle et une diminution des ruminations mentales.
Cette action rapide crée un terrain favorable au travail psychothérapeutique.
3. Douleur sociale
L’isolement, la perte de repères ou les relations fragilisées participent activement à la souffrance globale.
En améliorant l’humeur, la clarté cognitive et l’élan vital, la thérapie à la kétamine peut aider les patients à renouer avec leur environnement social, à restaurer des liens et à retrouver une place active dans leur quotidien.
4. Douleur spirituelle et existentielle
Cette dimension est fréquente chez les personnes confrontées à la chronicité, à la fin de vie ou à une perte de sens profonde.
À certaines doses, la kétamine peut induire des expériences subjectives marquantes, favorisant l’acceptation, la prise de recul face à la souffrance et une réduction de l’angoisse existentielle.
Comment la thérapie à la kétamine agit sur la douleur globale
• Action neurobiologique ciblée
La kétamine réduit l’hyperactivation des circuits de la douleur et soutient la résilience émotionnelle en modulant les systèmes glutamatergiques.
• Effets antidépresseurs rapides
Une amélioration des symptômes peut apparaître en quelques heures à quelques jours, notamment dans les formes résistantes aux traitements classiques.
• États modifiés de conscience
Ces états peuvent faciliter l’élaboration psychique de traumatismes, de deuils ou de questionnements existentiels profonds.
• Approche intégrative
Les résultats sont optimisés lorsque la kétamine est associée à une psychothérapie structurée, à un accompagnement médical global et à un soutien du mode de vie.
Aspects clés du traitement à la kétamine
1. Mécanismes pharmacologiques de la kétamine
La kétamine agit sur plusieurs systèmes neurobiologiques complémentaires.
• Antagonisme des récepteurs NMDA
Le blocage des récepteurs NMDA modifie la signalisation du glutamate, entraînant à la fois des effets dissociatifs et une réorganisation fonctionnelle des réseaux neuronaux.
Sur les neurones excitateurs, cette action induit une sédation et une dissociation.
Sur les neurones inhibiteurs, elle favorise une activité neuronale accrue, essentielle aux processus de neuroplasticité.
• Interaction avec les récepteurs opioïdes
La kétamine exerce une action partielle sur les récepteurs opioïdes, contribuant à ses effets analgésiques et à une partie de ses bénéfices antidépresseurs précoces.
• Effets neurochimiques complémentaires
Elle influence les systèmes sérotoninergiques et dopaminergiques, module l’activité GABAergique et possède des propriétés anti-inflammatoires, particulièrement pertinentes dans les douleurs chroniques et certains troubles de l’humeur.
2. Neuroplasticité : remodeler durablement le cerveau
La capacité de la kétamine à stimuler la neuroplasticité constitue l’un de ses apports majeurs.
• Régénération synaptique
La kétamine augmente la production de BDNF, favorisant la formation de nouvelles connexions neuronales, essentielles à l’apprentissage, à la mémoire et à la stabilité émotionnelle.
• Fenêtre thérapeutique élargie
Après le traitement, une période de plasticité accrue s’ouvre pendant plusieurs jours à plusieurs semaines. Cette phase est déterminante pour instaurer de nouveaux schémas cognitifs et comportementaux.
• Importance des thérapies associées
L’exercice physique, la psychothérapie, la pleine conscience et l’hygiène de vie jouent un rôle clé pour prolonger et stabiliser les bénéfices obtenus.

3. Expérience subjective et bénéfices thérapeutiques
Les états dissociatifs induits par la kétamine peuvent favoriser une prise de recul profonde.
• Expérience introspective
Certains patients décrivent un sentiment de déconnexion du mental habituel, facilitant l’accès à des contenus émotionnels ou existentiels difficiles à aborder autrement.
• Rôle du cadre thérapeutique
La préparation, l’environnement sécurisé et l’accompagnement par des professionnels formés sont essentiels pour transformer l’expérience en bénéfices concrets.
• Intégration thérapeutique
Le travail d’intégration permet de traduire les prises de conscience en changements durables dans la vie quotidienne.
Protocole de traitement à la kétamine chez H.I.R.O Monaco
Programme structuré sur 6 semaines
La thérapie à la kétamine est proposée dans le cadre d’un programme médicalement supervisé de six semaines, destiné aux personnes souffrant de dépression, de PTSD, de troubles anxieux ou de pathologies résistantes aux traitements conventionnels.
La thérapie à la kétamine est proposée dans le cadre d’un programme médicalement supervisé de six semaines, destiné aux personnes souffrant de dépression, de PTSD, de troubles anxieux ou de pathologies résistantes aux traitements conventionnels.
Consultation approfondie incluant l’étude des antécédents médicaux et psychiatriques, l’évaluation des risques et la définition des objectifs thérapeutiques.
Six perfusions sont programmées sur six semaines :
– Semaines 1 et 2 : deux séances par semaine.
– Semaines 3 à 6 : une séance par semaine.
Chaque séance est réalisée sous contrôle médical strict, avec surveillance des paramètres vitaux et ajustements individualisés si nécessaire.
Un point clinique est réalisé après la quatrième séance afin d’évaluer la réponse au traitement et d’adapter le protocole si besoin.
Bilan complet après la sixième séance, avec élaboration d’un plan de prise en charge à long terme.
Un accompagnement psychothérapeutique parallèle est proposé, ainsi que des recommandations personnalisées concernant l’alimentation, l’activité physique, la gestion du stress et les thérapies de soutien.
FAQ - Questions générales sur la thérapie à la kétamine
La thérapie assistée par la kétamine associe l’administration médicale de kétamine à un accompagnement psychothérapeutique. Elle est utilisée pour la prise en charge de troubles tels que la dépression, le TSPT, l’anxiété et certaines douleurs chroniques.
Trois modalités d’administration sont disponibles, chacune répondant à des besoins spécifiques :
– Perfusions intraveineuses (IV) : biodisponibilité maximale, dosage précis et effets thérapeutiques optimisés. Indiquées notamment dans les formes sévères de dépression, de TSPT ou de douleur chronique.
– Injections intramusculaires (IM) : alternative à la voie IV, avec une action rapide et une administration plus courte.
– Kétamine sublinguale : option moins invasive, utilisée principalement en traitement d’entretien ou pour des indications plus légères.
La kétamine bloque les récepteurs NMDA, impliqués dans la transmission de la douleur et certains mécanismes dépressifs. Elle stimule également la libération du BDNF, un facteur clé du renforcement et de la réparation des connexions neuronales, favorisant une amélioration rapide de l’humeur et une diminution de la douleur.
Ce traitement peut être envisagé chez les personnes présentant une dépression résistante, un TSPT, des troubles anxieux, des douleurs chroniques (fibromyalgie, SDRC, douleurs neuropathiques) ou une détresse existentielle en fin de vie. Une évaluation psychiatrique préalable est indispensable.
La séance a lieu dans un environnement médical sécurisé et confortable. Une perfusion de kétamine à faible dose est administrée pendant environ 40 à 60 minutes, sous surveillance médicale. Des sensations de relaxation, de dissociation ou d’introspection peuvent apparaître et participer au processus thérapeutique.
Bien que la kétamine possède des effets antidépresseurs propres, l’association à une psychothérapie permet de consolider les bénéfices et d’en favoriser la durabilité. Une thérapie d’intégration est généralement recommandée.
Oui, lorsqu’elle est administrée dans un cadre médical strict. Les paramètres vitaux et la réponse clinique sont surveillés tout au long du traitement.
Des effets transitoires peuvent survenir, tels que des étourdissements, des nausées légères, une élévation temporaire de la tension artérielle, un état dissociatif ou une fatigue passagère. Ils disparaissent le plus souvent en quelques heures.
Utilisée à doses thérapeutiques et sous supervision médicale, la kétamine ne provoque pas de dépendance. Une attention particulière est toutefois portée aux personnes ayant des antécédents d’addiction.
De nombreux patients observent une amélioration dans les heures ou les jours suivant les premières séances, avec un effet optimal après plusieurs administrations.
Les bénéfices peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois. Des séances de rappel peuvent être proposées en cas de réapparition des symptômes.
Il est recommandé de se reposer, d’éviter la conduite pendant 24 heures et de privilégier des activités calmes. Le travail d’intégration thérapeutique aide à prolonger et stabiliser les bénéfices obtenus.