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Longévité : ce que les centenaires ont en commun

Vivre plus longtemps, mais surtout en bonne santé, reste l’un des grands enjeux de notre époque. 

Depuis plusieurs décennies, l’observation des populations centenaires alimente la recherche sur l’espérance de vie et le vieillissement en bonne santé. 

Une étude publiée en 2024* apporte un éclairage complémentaire sur les habitudes de vie partagées par ces personnes âgées de plus de 100 ans.

Contrairement aux idées reçues, aucun comportement isolé ne permet d’expliquer à lui seul cette longévité exceptionnelle. 

Les résultats pointent plutôt vers une combinaison cohérente de facteurs physiques, sociaux et environnementaux, ancrés dans le quotidien.

Les zones bleues : des modèles naturels de longévité

Les zones bleues désignent cinq régions du monde où la proportion de centenaires dépasse largement la moyenne. 

Ces territoires ont été étudiés pour comprendre pourquoi leurs habitants vivent plus longtemps, avec moins de maladies chroniques.

Ces régions sont situées à Okinawa au Japon, en Sardaigne, dans la péninsule de Nicoya au Costa Rica, sur l’île grecque d’Ikaria et à Loma Linda en Californie. 

Malgré des cultures très différentes, elles présentent des points communs frappants :

  • Faible sédentarité.
  • Alimentation peu transformée.
  • Forte cohésion sociale.
  • Maintien d’un rôle actif jusqu’à un âge avancé.

Ces constats contrastent fortement avec certaines zones urbaines industrialisées, où l’espérance de vie reste plus basse malgré un accès important aux soins médicaux.

Cela a conduit les chercheurs à s’intéresser davantage aux modes de vie qu’aux seuls systèmes de santé.

Une activité physique intégrée, sans logique de performance

L’un des éléments centraux observés chez les centenaires des zones bleues est la place de l’activité physique modérée dans la vie quotidienne.

Il ne s’agit pas de sport intensif, mais de mouvements réguliers, variés et fonctionnels.

Pour preuve : le jardinage est l'une des activités les plus pratiquées par les centenaires des zones bleues !

Au rang de ses bienfaits : l'exposition au soleil, la production de fruits et légumes sains - sous réserve de ne pas utiliser de produits chimiques et pesticides - et la stimulation mentale.

Femme senior en jean bleu, tunique orange et baskets blanches qui arrose des plantes dans une serre à ciel ouvert

D'autres activités favorisent la longévité, comme la marche, les tâches domestiques, le travail manuel, la danse ou encore les déplacements à pied.

Cette mobilité constante contribue au maintien de la masse musculaire, de l’équilibre et de la santé cardiovasculaire.

Les données récentes confirment que ce type d’activité douce, répartie sur la journée, est particulièrement protectrice contre le vieillissement accéléré.

Lien social et sentiment d’utilité : des facteurs clés de l’espérance de vie

Au-delà du mouvement, les relations sociales jouent un rôle déterminant dans la longévité. 

Dans les zones bleues, les personnes âgées restent pleinement intégrées à la vie communautaire et familiale.

Le soutien social régulier est associé à une diminution du stress chronique, de l’inflammation et du risque de déclin cognitif. 

Le sentiment d’appartenance et d’utilité sociale apparaît aujourd’hui comme un facteur majeur de vieillissement en bonne santé.

Les centenaires continuent souvent à participer à des activités collectives, à transmettre leur savoir et à occuper une place reconnue dans leur entourage, ce qui renforce leur équilibre émotionnel.

Génétique, culture et environnement : un équilibre subtil

La génétique intervient dans la longévité, mais son poids reste limité face à l’influence des habitudes de vie. 

Les recherches récentes estiment que les facteurs environnementaux et comportementaux jouent un rôle largement prédominant.

L’alimentation simple, majoritairement végétale, peu transformée et adaptée aux ressources locales, complète ce tableau. 

Elle s’inscrit dans une culture alimentaire stable, loin des excès et des restrictions drastiques.

La longévité observée dans les zones bleues repose ainsi sur un équilibre global, où chaque élément - activité physique, relations sociales, alimentation, environnement -renforce les autres.

S’inspirer des zones bleues sans chercher de recette miracle

Les enseignements tirés des centenaires montrent que vivre longtemps ne dépend pas d’un geste unique, mais d’une cohérence sur le long terme. 

Intégrer davantage de mouvement au quotidien, préserver ses liens sociaux, rester engagé dans la vie et respecter ses rythmes biologiques constituent des leviers accessibles.

Plutôt que de chercher un secret unique de longévité, ces populations rappellent l’importance d’un mode de vie simple, régulier et profondément humain, favorable à la santé physique comme mentale.

À lire aussi : Bien vieillir : 6 habitudes simples pour vivre mieux et plus longtemps

*Blue Zones: Centenarian Modes of Physical Activity: A Scoping Review - Journal of Population Ageing, 2024

Faire la fête pour vivre plus longtemps ?